KINESITHERAPIE

REEDUCATION DE LA PARALYSIE CEREBRALE

LA PARALYSIE CEREBRALE

 

 

I - Définitions et généralités :
Selon un travail collectif rédigé sous la direction de l’équipe du pavillon de l’Escale à Lyon, « la
paralysie cérébrale (PC) est définie au sens de « cerebral palsy » (CP) des Anglo-Saxons comme un
ensemble de troubles du mouvement et/ou de la posture et de la fonction motrice, ces troubles étant
permanents mais pouvant avoir une expression clinique changeante dans le temps et étant dus à un
désordre, une lésion ou une anomalie non progressive d’un cerveau en développement ou immature.
Le terme de PC regroupe donc tous les enfants et adultes ayant une atteinte motrice en lien avec une
atteinte cérébrale non évolutive, quelles que soient leurs capacités intellectuelles et l'étiologie de
l'atteinte cérébrale. Ce terme regroupe ainsi l’infirmité motrice cérébrale (IMC) et l'Infirmité Motrice
d’Origine Cérébrale (IMOC). En présence d’une évolution atypique, pouvant faire évoquer par
exemple une maladie progressive, il convient de remettre en cause ce diagnostic.»
Compte tenu de l'association fréquente de la déficience motrice à d'autres déficiences chez les
personnes atteintes de PC, il est nécessaire de définir la population des sujets avec PC en termes de
type de déficience motrice, mais aussi en termes de type de déficience(s) associée(s).
Tardieu a défini il y a 35 ans l’infirmité motrice cérébrale (IMC) comme un trouble moteur
prédominant et non évolutif dû à une lésion cérébrale pouvant s’accompagner d’atteintes sensorielles
et d’atteintes partielles des fonctions supérieures à l’exception d’une déficience intellectuelle (Tardieu
1969).
Le terme IMOC (Infirmité Motrice d’Origine Cérébrale) a des acceptions différentes selon les auteurs.
Soit il s’applique aux enfants ayant de moins bonnes performances intellectuelles, soit il regroupe à la
fois les enfants dont l’intelligence est conservée et ceux présentant une déficience intellectuelle.
Nous évoquons dans ce chapitre l’ensemble des enfants porteurs d’une paralysie cérébrale, qu’ils
présentent ou non une altération des capacités intellectuelles, mais la question des enfants polyhandicapés (enfant présentant un handicap grave à expression multiple motrice et mentale et entraînant
une restriction extrême de l’autonomie et des possibilités de perception, d’expression et de relation,)
sera traitée dans un chapitre à part. Le polyhandicap peut représenter le gradient de sévérité maximale
de la paralysie cérébrale mais être dû aussi à des troubles graves de la personnalité, des maladies
métaboliques, des affections neurologiques dégénératives, des affections acquises traumatiques,
tumorales ou infectieuses.
La fréquence parmi les naissances est environ de 2/1000. Le nombre d’enfants porteurs de paralysie
cérébrale avoisine les 35 000 à 40 000 en France avec 1 500 nouveaux cas par an. Ceci représente
environ 60 % des enfants handicapés moteurs.
La paralysie cérébrale entraîne des déficiences neurologiques variables dans leur type, leur localisation 
et leur intensité nécessitant le plus souvent une prise en charge rééducative complexe et prolongée
justifiant la coordination par un médecin de Médecine Physique et de Réadaptation.
Rappels physiopathologiques
On rappelle que 25 % des étiologies restent inconnues.
Les causes des lésions neurologiques sont variables selon la période de survenue :
- pendant la grossesse : infection materno-fœtales, AVC…
- la prématurité (avant 37 semaines d’aménorrhée) reste une des causes principales
d’infirmité motrice cérébrale. Les séquelles neuro-cognitives plus frustes, les instabilités psychomotrices et autres troubles du comportement sont cependant à surveiller afin d’orienter rapidement les
parents vers les prises en charge appropriées.
- souffrance fœtale aiguë à terme.
- dans la période post-natale (au cours des deux premières années) : les causes sont
extrêmement diverses : les syndromes de Silverman, les noyades, les TC sont de plus en plus
fréquents. Les causes infectieuses (méningites, méningo-encéphalites herpétiques,…) sont également
régulièrement retrouvées.
Les principaux tableaux cliniques sont polymorphes et associent :
* un déficit moteur
- quadriplégie : atteinte globale associant le plus souvent une hypotonie axiale et une
hypertonie des 4 membres.
- diplégie : associant insuffisance de commande motrice et spasticité, prédominant aux
membres inférieurs (syndrome de Little).
- hémiplégie : atteinte hémicorporelle.
- triplégie : atteinte des deux membres inférieurs et d’un membre supérieur.
* une atteinte de type :
- spastique : unilatérales ou bilatérales. Elles représentent la grande majorité des PC, autour de
85%. La PC spastique est caractérisée par une augmentation du tonus, des réflexes pathologiques, par
exemple hyperréflexie, et des signes pyramidaux, par exemple signe de Babinski. L’hypertonie est
classée dans la spasticité.
- ataxique : les formes ataxiques, souvent associées à une hypotonie qui représentent environ
5% des formes de PC. La PC ataxique est caractérisée par un syndrome cérébelleux avec une perte de
coordination motrice volontaire, telle que le mouvement est effectué avec une force, un rythme ou une
précision anormaux.
- dyskinétique ou « mouvements anormaux », comprenant les formes choréiques et 
dystoniques. Ce groupe correspond à environ 7% des formes de PC. La PC dyskinétique est
caractérisée par des mouvements involontaires, incontrôlés, récurrents, et parfois stéréotypés
coexistants avec une tonicité musculaire fluctuante. L’appellation "mouvements anormaux" regroupe
l'athétose, la dystonie, et choréo-athétose. Dans la nouvelle classification des mouvements anormaux,
l’athétose fait partie des dystonies.
Ces différentes perturbations du mouvement sont cependant fréquemment associées (formes mixtes).
La distinction de ces formes reste limitée en terme de précision et de reproductibilité, du fait de la
variabilité d'utilisation de ces termes par les cliniciens. L'évolution de l'atteinte avec l'âge de l'enfant
constitue un autre facteur de variabilité. L’approche actuelle tente de séparer la PC en groupes : les
formes unilatérales et les formes bilatérales et de proposer une classification selon la sévérité
fonctionnelle. Il existe différents scores mesurant la capacité à la marche ou la fonction motrice des
membres inférieurs (score de Palisano, également appelé Gross Motor Function-Classification System
(GMF-CS), par exemple). De même, il existe des scores mesurant l’habileté des membres supérieurs
et leur capacité fonctionnelle (par exemple la Bi-manual Fine Motor Function (BFMF, Beckung 2002)
ou la Manual Ability Classification System (MACS, Eliasson 2005).
Ces scores validés, publiés constituent des outils reconnus et partagés de la communauté scientifique
internationale. Leur utilisation est nécessaire pour décrire les populations étudiées dans les articles
scientifiques. Ils remplacent des scores plus anciens et non validés utilisés en France comme la
cotation de E. Hansen évaluant le niveau de la déficience/incapacité (Tardieu 1984), cette dernière
ayant pour avantage d’aboutir à différents niveaux d’autonomie sociale.
II - Prise en charge en Médecine Physique et de Réadaptation
La prise en charge se subdivise jusqu’à l’âge adulte en 3 phases :
- phase initiale de diagnostic progressif des déficiences
- phase de l’enfance à l’adolescence
- phase de l’adolescence à l’âge adulte
a) Phase initiale
C’est la phase de diagnostic progressif des déficiences, habituellement de la naissance à 18 à 24 mois,
pour les déficits moteurs, mais pouvant être prolongée jusqu’aux 6 ans, certains diagnostics de
troubles associés peuvent être établis plus tardivement en particulier les déficits cognitifs qui
n’apparaissent qu’à la phase de scolarisation maternelle et primaire, voire au-delà. 
Le diagnostic du déficit moteur est difficile à faire de façon précise dans les premiers mois de la vie, il 
est évoqué par le pédiatre pendant le séjour en néo-natologie (lésion à l’imagerie) ; au cours de bilans
systématiques d’enfants à risque, devant les anomalies constatées par les parents. Actuellement il ne
peut être validé avant l’âge de 5 ans période couramment admise pour l’enregistrement dans les
différents registres européens.
* Le rôle du médecin Médecine Physique et de Réadaptation à ce stade est :
- d’observer grâce à des bilans réguliers l’apparition progressive des déficiences et des
incapacités qui en découlent. Ces déficiences peuvent être d’ordre moteur, visuel, langagier ou
neurocognitif. et psycho comportemental. L’aspect neurocognitif peut paraître difficile à apprécier
précocement, mais il faut savoir l’évaluer.
- de conseiller les parents vers des prises en charge rééducatives et de leur proposer une
orientation en CAMSP.

Le rôle du médecin de Médecine Physique se conçoit en collaboration avec le pédiatre qui lui adresse
l’enfant le plus tôt possible. Les formes plus frustes, où les variations inter-individuelles du
développement psycho-moteur normal s’intriquent avec les déficits émergeants, sont souvent plus
difficiles à diagnostiquer. Elles méritent cependant rapidement une prise en charge adaptée que
favorise l’examen spécifique du médecin de MPR. Il intervient en consultation en libéral ou en
institution.
* Les buts de la rééducation sont :
- l’éducation motrice et la guidance parentale face à ce handicap qui devient de plus en plus
visible. Toutes les étapes du développement psycho-moteur peuvent être révélatrices de ce handicap et
les parents doivent être accompagnés dans cette prise de conscience progressive.
- la mise en route des différentes prises en charge rééducatives visant à :
- stimuler l’éveil psycho-moteur,
- surveiller l’état orthopédique,
- entretenir les amplitudes articulaires,
- conseiller les installations,
- aider à l’intégration en crèche ou halte-garderie…
* Les moyens à mettre en œuvre sont :
- équipe médicale ;
- kinésithérapeutes : ils interviennent pour assurer les mobilisations passives, postures, travail
des niveaux d’évaluation motrice, travail de l’équilibre, verticalisation, techniques de coordination
motrice, apprentissage de la déambulation, techniques d’inhibition de la spasticité.
- ergothérapeute : conseils pour la position assise, la toilette, l’habillage.
- assistant(e)s sociale(e)s : elles interviennent pour établir le bilan social, mettre en place le
dossier social pour la commission départementale d’éducation spéciale (CDAPH – Commission des
Droits et Autonomie des Personnes Handicapés - MDPH) afin d’obtenir éventuellement l’AES
(allocation d’éducation enfant handicapé – AEEH).
- psychologue : essentiellement rôle de guidance parentale à ce stade.
- psychomotricien : éducation précoce et stimulation psycho-motrice, prise en charge des
troubles de la maturation et de la régulation tonique du schéma corporel, de la latéralité, de
l’organisation spatio-temporelle, prise en charge de l’instabilité ou l’inhibition psycho-motrice ;
recherche d’un “ mieux-être ” permettant au sujet de ressentir la confiance et la satisfaction nécessaire
à la redécouverte et à l’acceptation de son corps malgré les limites que lui imposent son handicap.
- appareillage et aides techniques : orthoprothésistes, podo-orthésistes et revendeurs de
matériel en collaboration avec le kinésithérapeute ou l’ergothérapeute.

* Les modalités de prise en charge
La prise en charge d’un enfant IMC à ce stade s’effectue de manière quasi exclusive en ambulatoire.
Les interventions des différents soignants s’effectuent préférentiellement :
- au sein d’un CAMSP, ou bien
- au sein d’une unité d’hospitalisation de jour de Médecine Physique et de Réadaptation.
Si elle ne peut s’effectuer qu’en secteur libéral, le rôle de coordination du médecin de MPR est
incontournable (si possible dans le cadre d’une équipe ou d’un réseau) permettant par des synthèses
pluri-disciplinaires d’adapter au mieux les prises en charge à l’évolution de l’enfant.
En dernier recours lorsque le contexte social est défavorable, ces enfants peuvent être placés en
pouponnière médicalisée avec une prise en charge rééducative.
b) Phase secondaire : de 4-6 ans au début de l’adolescence
La prise en charge reste globale. On définit des objectifs vis à vis de la prévention des troubles neuroorthopédiques secondaires, de la déambulation, de l’autonomie et de l’intégration scolaire.
Les bilans précis orientés doivent permettre de définir si :
- la marche est-elle acquise ? Quelle en est la fonctionnalité ? Nécessite-t-elle des aides
techniques et lesquelles ?
- quelle est l’autonomie dans les AVQ ? Nécessité d’aides techniques ?
- l’intégration scolaire en milieu ordinaire peut-elle être envisagée ? Classes spécialisées ou
non ? 
* Le rôle du médecin de Médecine Physique et de Réadaptation :
- Poser précocement les indications de bilan d’analyse de la marche (Vidéo AQM …) pour
décliner les indications thérapeutiques de traitement de la spasticité qu’il faut savoir proposer en bas
âge (intérêt des traitements précoces par toxine botulique)
- Etablir un suivi régulier et des bilans avec différents intervenants : kinésithérapeute,
orthophoniste, orthoptiste, psychomotricien, ergothérapeute, psychologue…
- Dépister en temps voulu au plan cognitif les troubles neuropsychologiques spécifiques à
cette population dont l’absence de prise en compte au plan scolaire risque d’obérer fortement les
chances d’apprentissage.
* Les buts de la prise en charge en Médecine Physique et de Réadaptation
* sur le plan rééducatif :
- établissement d’un programme global de rééducation associant une prise en charge
médicale, kinésithérapique, ergothérapique, neuro-psychologique, orthophonique, orthoptique,
psychomotrice, psychologique et d’appareillage en fonction des déficiences et incapacités.
- surveillance de l’état clinique et radiologique et proposition de traitements en
consultation pluridisciplinaire : traitements de la spasticité médicamenteux (RPF, pompe à Baclofene,
injection de toxine botulique…) ou traitement chirurgical orthopédique.
* sur le plan scolaire :
- le médecin de MPR collabore avec le médecin scolaire pour l’établissement d’un contrat
d’intégration, d’un projet d’accueil individualisé ou d’un projet éducatif individualisé pour permettre
à l’enfant de suivre une scolarité ordinaire s’il en a les capacités.
En l’absence de déficiences neuro-cognitives, l’intégration en scolarité ordinaire est le plus souvent
envisagée mais le médecin de MPR doit attirer l’attention sur une fréquente lenteur de l’enfant et sur
toutes les difficultés motrices qui peuvent nécessiter des adaptations spécifiques. L’ergothérapeute est
donc souvent sollicité pour ce contrat d’intégration.
En présence de déficiences neuro-cognitives, l’intégration peut être possible, si ces déficiences restent
modérées, grâce à des adaptations pédagogiques ou matérielles proposées par l’équipe de MPR. Si ce
type de scolarité n’est pas envisageable, un dossier est réalisé pour la MDPH avec l’aide de
l’assistante sociale pour proposer une orientation en classe spécialisée (CLIS), ou au sein d’une
institution adaptée à l’importance du handicap notamment neuro-cognitif (IEM).
* Les moyens à mettre en œuvre pour le dépistage et le traitement sont :
- équipe médicale dont un médecin de MPR qui coordonne l’équipe.
- psychologue : accompagnement parental et prise en charge de l’enfant dont l’évaluation des
troubles neurocognitifs.
- psychomotricien : stimulation psychomotrice, prise en charge des troubles de la maturation et 
de la régulation tonique du schéma corporel, de la latéralité, de l’organisation spatio-temporelle, prise
en charge de l’instabilité ou l’inhibition psychomotrice ; recherche d’un “ mieux-être ” permettant au
sujet de ressentir la confiance et la satisfaction nécessaire à la redécouverte et à l’acceptation de son
corps malgré les limites que lui imposent son handicap.
- kinésithérapeute : mobilisations passives, postures, travail des niveaux d’évolution motrice,
travail de l’équilibre, verticalisation, techniques de coordination motrice, apprentissage de la
déambulation, techniques d’inhibition de la spasticité.
- ergothérapeute : conseils pour l’installation et l’appareillage des membres supérieurs,
autonomisation pour la toilette, l’habillage, les repas, travail de la coordination des membres
supérieurs, de la motricité fine et globale.
- orthophoniste : troubles neuro-cognitifs, des praxies bucco-faciales, du langage oral et écrit,
guidance parentale les premières années, soutien à la communication (du tableau de communication à
la synthèse vocale).
- orthoptiste : bilan de l’habileté visuelle compétences neuro visuelles perceptives et occulomotrices
- assistant(e) social(e) : bilan social pour le dossier à la Maison Départementale du Handicap
(MDPH) qui notifiera selon le contexte et la demande : Allocation d’éducation d’enfant handicapé –
Orientation - Prestation compensatoire du handicap - aides financières aide à la mise en accessibilité
du logement.
- appareillage et aides techniques : orthoprothésistes, podo-orthésistes et revendeurs de
matériel en collaboration avec le kinésithérapeute et l’ergothérapeute.
* Les modalités de la prise en charge
Les prises en charge dépendent des formes cliniques (voir tableaux cliniques). Elles sont
alternées et se succèdent tout au long de l’évolution.. Elles sont préférentiellement effectuées en
ambulatoire, idéalement au sein d’un CAMSP jusqu’à 6 ans ou d’un SESSAD, mais également par
l’intermédiaire de praticiens libéraux coordonnés par le médecin de MPR.
La prise en charge peut également être effectuée en institution (idéalement en semi-internat si possible
de proximité), quand le handicap rend une scolarité ordinaire impossible, avec un médecin de MPR
intervenant régulièrement au sein de cette institution. Un bilan pluridisciplinaire doit être effectué tous
les 6 ou 12 mois.
La rééducation se poursuit de façon régulière à un rythme adapté à l’importance des déficiences.
A l’occasion de besoin de bilan très poussé, ou dans le décours d’une chirurgie neuro orthopédique,
une hospitalisation dans un service de MPR pédiatrique peut s’avérer nécessaire, soit en hôpital de
jour, soit en hospitalisation complète selon le dispositif existant, l’âge de l’enfant et l’objectif de
l’hospitalisation.
* Au plan familial, l’action de l’équipe peut aller jusqu’à une incitation à la prévention de la
lombalgie chez les parents et tierce personne, l’aménagement du domicile.
c) Phase III : l’adolescence
Cette période se caractérise par :
- le risque d’accentuation des troubles orthopédiques qui entraîne une aggravation
fonctionnelle notamment de la déambulation.
- les difficultés psychologiques liées à l’adolescence handicapée et le risque d’interruption
thérapeutique par remise en cause du suivi.
- l’orientation scolaire et pré-professionnelle.
* Le rôle du médecin de MPR
- bilans et coordination des différents intervenants ;
- interventions médicales ou techniques ;
- indications chirurgicales en pluridisciplinarité.
* Les buts de la prise en charge en médecine Physique et de Réadaptation
- surveiller l’évolution orthopédique au niveau du rachis, des hanches, des genoux et des pieds
essentiellement.
- évaluer et limiter l’aggravation fonctionnelle notamment dans la déambulation mais aussi
dans l’autonomie dans les actes de la vie quotidienne.
- assurer la prise en charge avant, pendant et après certaines interventions chirurgicales tant
tendineuses qu’osseuses ou gestes techniques (toxine botulique, orthèses, plâtres…).
- assurer la prise en charge des appareillages et aides techniques.
- aider à l’orientation scolaire et professionnelle en fonction des handicaps.
* Les moyens à mettre en œuvre sont :
- équipe médicale dont un médecin de MPR.
- psychologue : prise en charge de l’enfant dont les bilans neuro-cognitifs.
- kinésithérapeute : mobilisations passives, postures, verticalisation, entretien de la
déambulation, techniques d’inhibition de la spasticité,… La pratique régulière d’un sport plus ou
moins adapté peut être une alternative à la kinésithérapie.
- ergothérapeute : conseils pour l’installation, poursuite du travail d’autonomisation pour les
A.V.Q., coordination des membres supérieurs, motricité fine et globale, appareillage des membres 
supérieurs.
- assistant(e) social(e) : actualisation du bilan social pour le dossier à la MDPH qui notifiera,
toujours selon le contexte et la demande : Allocation d’éducation d’enfant handicapé – Orientation -
Prestation compensatoire du handicap (PCH) - aides financières aide à la mise en accessibilité du
logement.
- orthophoniste : troubles neuro-cognitifs, praxies bucco-faciales.
- orthoptiste : reprise de rééducation séquentielle de l’occulomotricité.
- appareillage et aides techniques : orthoprothésistes, podo-orthésistes et revendeurs de
matériel en collaboration avec le kinésithérapeute et l’ergothérapeute
* Les modalités de prises en charge
Progressivement l’institutionnalisation devient plus fréquente, y compris en internat de semaine.
Les bilans avec le médecin de MPR sont réalisés en ambulatoire, libéral ou public, soit idéalement au
sein de structures d’Hospitalisation de Jour MPR.
La prise en charge après intervention chirurgicale s’effectue en service de MPR, en hospitalisation
complète puis éventuellement de jour Il faut noter que ces hospitalisations peuvent durer plusieurs
mois.
III - Suivi à l’âge adulte
Grâce au travail thérapeutique effectué dans les décennies précédentes, il existe une importante
population d’adultes porteurs de CP. La moyenne de survie approche celle de la population générale,
et celle des sujets polyhandicapés dépasse les 30 ans (Evans 1990).
Cette population pose deux types de problème en terme de santé publique. D’une part, ces patients ont
difficilement accès aux standards de suivi et de prévention des affections qui font l’objet de campagne
de dépistage pour la population non handicapée (dépistage des cancers, de l’hypertension artérielle, ..)
D’autre part cette population pose des problèmes médicaux spécifiques encore mal étudiés mais qui
requièrent une surveillance par le médecin de MPR, tels qu’une évolution scoliotique tardive, la
survenue précoce d’une arthrose de hanche. Si les lésions neurologiques primaires sont stables, les
déformations neuro-orthopédiques qu’elles entraînent évoluent tout au long de la vie du patient. L’âge
entraîne une faiblesse musculaire majorée qui influe sur l’autonomie dans la vie quotidienne et les
possibilités de déambulation. Dans les formes plus sévères, l’accentuation des rétractions entraîne des
douleurs. L’ostéoporose n’est pas toujours diagnostiquée et traitée. Le risque de chute devient une
préoccupation nouvelle et doit être analysé en déterminant l’origine sensorielle, attentionnelle ou
mécanique de ces chutes. Enfin, il existe la possibilité de complications neurologiques au long terme
telles que l’hydrocéphalie à pression normale ou la survenue d’un syndrome parkinsonnien qu’il est
nécessaire de repérer par un examen neurologique refait tous les 2 ans.
Cette population rencontre aussi des problèmes d’insertion professionnelle et sociale en lien avec des 
déficits neuropsychologiques qui n’ont pas toujours été identifiés dans la période de l’enfance et de
l’adolescence.
Le suivi devrait être effectif toute la vie. Mais, psychologiquement les patients sont souvent lassés par
la rééducation qui n’est plus régulière. D’autre part peu d’équipes chirurgicales ou de rééducation sont
orientées vers la prise en charge de la PC ou IMC adulte, ce qui complique encore le suivi.
* Les objectifs
- maintenir au mieux l’autonomie.
- éviter l’accentuation des déformations orthopédiques et les complications notamment
douloureuses qui en découlent.
- aider à l’orientation professionnelle
- aider au besoin à la recherche d’une structure de vie, ou d’accompagnement social.
* Les moyens à mettre en œuvre :
- équipe médicale
- psychologue :
- kinésithérapeutes : mobilisations passives, travail de l’équilibre, maintien de la
déambulation.
- ergothérapeute : conseils pour l’installation, réalisation de l’appareillage des membres
supérieurs, entretien de l’autonomie pour la toilette, l’habillage, les repas, choix du fauteuil roulant et
d’aides techniques.
- assistant(e) social(e) : bilan social pour le dossier MDPH, l’allocation tierce personne,
l’allocation adulte handicapé, les aides financières, l’accessibilité du logement..
- appareillage et aides techniques : orthoprothésistes, podo-orthésistes et revendeurs de
matériel en collaboration avec le kinésithérapeute et l’ergothérapeute.
* Les modalités de prise en charge
La prise en charge est réalisée en ambulatoire lorsqu’une autonomie de vie est possible ou lorsqu’une
tierce personne le permet.
Une hospitalisation complète en MPR peut s’avérer nécessaire en post opératoire, ou pour une reprise
intensive de la rééducation quand survient une dégradation fonctionnelle qu’il faut enrayer.
IV - Formes cliniques
Nous citerons ici 3 types de tableaux : une forme légère, une forme moyenne et une forme sévère
d’infirmité motrice cérébrale.
En effet, sont regroupées dans ce grand chapitre intitulé “ infirmité motrice cérébrale ” des enfants 
extrêmement divers, aux besoins différents.
Les moyens et les modalités sont donc adaptés à ces divers tableaux.
a) hémiplégique peu sévère avec discrets troubles neuro-psychologiques et scolarité ordinaire
b) diplégique spastique avec autonomie de marche avec aides techniques et fauteuil roulant
manuel pour les grandes distances ; troubles visuo-praxiques modérés. Scolarité ordinaire en primaire
avec difficultés puis scolarité adaptée à partir du secondaire.
c) quadriplégique en fauteuil roulant électrique avec troubles neuro-cognitifs. Scolarité
maternelle en milieu ordinaire, puis I.M.E. à partir de l’âge de 5 à 6 ans.
V - Difficultés particulières
1) La prise en charge précoce, dans les premiers mois et premières années est fondamentale,
mais peut être rendue difficile par le manque de places au sein des CAMSP et des SESSAD
et l’éloignement des structures de type IEM qui obligent les jeunes enfants à de longs trajets. Le
maillage du territoire n’offre pas une couverture suffisante pour une égalité d’accessibilité aux soins.
Le passage de la période d’enfance et d’adolescence au statut d’adulte entraîne de nombreux
changements qui fragilisent le suivi. Le patient quitte les équipes pédiatriques pour être suivi par des
praticiens qui s’occupent d’adultes. Ce relais constitue un point de fragilité dans la continuité des
soins : le jeune patient, peu motivé, est tenté d’interrompre son suivi et ses rééducations, d’autant qu’il
rentre dans une période d’antagonisme entre projet de vie et projet thérapeutique.




04/11/2011
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